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Les sources disponibles

Aucun jardin de la Renaissance ne subsiste en France; tous ont été remplacés par des jardins à la française au XVIIe siècle puis par des jardins à l'anglaise ou paysagers et les historiens n'ont à leur disposition que des pièces d'archives et les ouvrages édités à cette époque:
- "Les plus excellents bastiments de France" de Jacques d'Androuet du Cerceau, sans contestation, le plus important de ces ouvrages qui apporte par la précision de ses planches ce que pouvaient être les jardins des châteaux à la Renaissance;
- "Le Thresor des parterres de l’univers, contenant les figures et pourtraits des plus beaux Compartimens, Cabanes, et Labyrinthes des Jardinages, tant à l’Allemande qu’à la Françoise. Avec la maniere de les construire, compasser et former dextrement. Descripts en Latin, François, Allemand et Anglais" distingué en trois livres par D. Loris B. docteur et medecin ordinaire de Son Altesse de Montbeliard.
- "Theatre des plans et jardinages, contenant des secrets et des inventions incognuës à tous ceux qui jusqu’à present se sont meslez d’escrire sur cette matiere." de Claude Mollet;
- "Le théâtre d'agriculture et mesnage des champs" d'Olivier de Serres.
- Les écrits que des visiteurs ont laissés lors de leur passage dans ces jardins;
- "Les raisons des forces mouvantes" de Salomon de Caus qui nous renseigne sur le fonctionnement des mécanismes utilisés dans les grottes et, du même auteur "Le jardin palatin" qui décrit les jardins du château d'Heidelberg;.
- les ouvrages étrangers qui, comme chez nous, décrivaient les jardins Renaissance dans leurs pays.

Quelques distingués jardinistes de la Renaissance

Jacques IerAndrouet du Cerceau
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On le désigna comme dessinateur jusqu'en 1887, date à laquelle Henry de Geymüller établi qu'il était l'auteur des jardins de Charleval, Verneuil et Montargis. Plans, vues aériennes sont assortis de légendes d'une précision remarquable, ce qui veut dire que le dessinateur connaissait toutes les subtilités des aménagements, les dénivellations naturelles et artificielles depuis le château jusqu'aux cours d'eau, les compositions des carreaux, etc.... Aujourd'hui ses planches et ses relevés sont d'une valeur inestimable. Cependant il faut bien noter qu'à cette époque, artistes, architectes et jardiniers travaillaient de concert et qu'il est difficile d'attribuer la réalisation des jardins à une seule personne.

Philippe Delorme
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Créateur des jardins d'Anet, il est surtout connu comme architecte du château que Catherine de Médicis se fait construire aux Tuileries. Il est probablement, un des participants créateurs des jardins de Chenonceaux et le personnage désigné sous le surnom de "M. de Saint-Germain" ou "architecte françois qui se faisoit quasi appeler le dieu des maçons et des architectes". Il peut avoir été le père des fabriques de jardins et projets de rotonde et tour hélécoïdalegravure en rocher publiés au XVIIe siècle mais est attesté que Delorme bien avant Le Bernin utilisait la simulation de la roche naturelle pour ses oeuvres rustiques, ce qui lui permettra par cette technique, de passer à la postérité.
Ennemi intime de Ronsard, ce dernier se plaint plusieurs fois dans ses poèmes qu'un maçon soit mieux récompensé et plus riche qu'un poète.

Olivier de Serres
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Bien qu'il n'est créé aucun jardin, Olivier de Serres est inséparable de son oeuvre "Théâtre d'agriculture et mesnage des champsgravure" qui le rendit célèbre et dans lequel un long chapitre est consacré aux jardins. Depuis sa première édition en 1600, ce traité d'agronomie en connaîtra vingt-quatre autres. Il s'appuie sur les auteurs antiques mais aussi et surtout sur ses expériences qu'il mènent dans sa propriété du Pradel; de là sortiront les méthodes d'agriculture qui deviendront des pratiques courantes: assolement triennal, sélection des semences, labours profonds....
Cet ouvrage s'inscrivait dans la politique d'Henri IV qui, après des décennies de guerres civiles, tentait de relancer l'activité agricole par le retour à une paix durable et des lois protectrices des paysans.
Les chapitres consacrés aux jardins sont au nombre de quatre dont la dernier semble avoir été ajouté au dernier instant. En effet , on constate que dans un premier temps l'auteur décrit le jardin d'agrément tel qu'il est dit dans "La maison rustique" puis dans le dernier ce sont des parterres tels que créés par Claude Mollet dans ses créations pour le roi, plus simples et donnant une place prépondérante au buis qui remplacent les plantes utilisées au paravant pour les bordures.

Claude Mollet
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Tout comme les familles Desgots et Le Nôtre, Claude Mollet fait partie d'une dynastie de jardiniers qui au long des siècles participeront à l'évolution des jardins et créront ceux de la noblesse au fil des royautés.
Jacques Mollet, le plus ancien des membres de cette famille connu fut le jardinier de Charles de Lorraine à Anet en Normandie, père de Claude qui travailla avec son père aux jardins de ce château et avec lequel il se forma. Claude travaillera ensuite avec Etienne du Pérac avant d'être appelé et promu jardinier du roi par Henri IV. Après le saccage des Tuileries par les soldats, avec Pierre Le Nostre et André Tarquin il fut chargé de créer de nouveaux parterres aux Tuileries où il resta jusqu'à la fin de ses jours vers 1649. Son fils Claude fut son principal collaborateur. En 1595, Henri IV lui confia la réalisations des jardins du Château-Neuf de Saint-Germain dessinés par Du Pérac, les jardins de Montceaux et ceux de l'étang de Fontainebleau. Il est l'auteur du "Théatre des plans et jardinages" qui sera publié à titre posthume.

Jacques Boyceau de la Barauderie
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Homme de guerre dans un premier temps, il s'attacha à Henri IV pour devenir gentilhomme ordinaire de la chambre du roi, titre qu'il garda sous le règne de Louis XIII, lequel le fit intendant des jardins.
Il est surtout connu pour son "Traité du jardinage selon les raisons de la nature et de l'art" publié à titre posthume en 1638 dans lequel il considère que cette activité est artistique et que le jardin est avant tout une oeuvre esthétique dans laquelle entrent le dessin, la géométrie et l'architecture et où les proportions et l'harmonie ont un rôle essentiel.
Bien que né sous la Renaissance, ses jardins figurent comme les premiers de ceux que l'on désignera "à la française".

Tommaso et Alessandro Francini
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Tout comme Jacques Mollet, Tommaso di Piero Francini fut à l'origine d'une dynastie, non pas de jardiniers, mais d'ingénieurs hydrauliciens qui restèrent au service de la cour durant les deux siècles suivants qui suivirent sa venue en France vers 1598. Celui-ci fut rejoint par son frère cadet Alessandro qui le seconda au service d'Henri IV, aux côtés de Du Pérac et de Claude Mollet à Saint-Germain-en-Laye.
Spécialiste des grottes et des jeux d'eau, il est probablement assisté de Francesco Bordoni et d'un spécialiste des rocailles, Jean Séjourné. "Intendant" et "Ingénieur" ou "Conducteur des fontaines et grottes du roi", il participe avec son frère "ingénieur ordinaire du roi" au chantier de Fontainebleau où interviennent Bordoni et Pierre Biard. Il est présent sur les devis pour la restauration de l'acqueduc d'Arcueil destiné à amener l'eau de Rungis au jardin du Luxembourg de Marie de Médicis. Cette eau alimente le "réservoir de l'Observatoire d'où partent des tuyaux de plomb desservant les jardins du palais du Luxembourg puis,photo traversant le Pont Neuf, alimente la fontaine de la Croix du Trahoir.
Il sera le créateur de la grotte du château de Wideville acheté en 1630 par Claude de Bullion et probablement de la nymphée du Luxembourg et, selon H. Brunon, non de Salomon de Brosse ou de Lemercier comme il est dit quelquefois.
Louis XIII le nommera "Intendant génèral des eaux et fontaines de France" et sa réussite sociale sera marquée par l'acquisition de la terre de Grandmaisons dont il portera le titre à compter de 1619.

Salomon de Caus
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En 1590, alors qu'il n'a que 14 ans, il suit sa famille qui émigre de Dieppe en Angleterre. Pour compléter son éducation, il voyage en Italie où, à Protolino, devant les nombreux jeux d'eau et les grottes, il trouve matière à satisfaire sa curiosité et définir sa vocation.
Engagé par Albert, le futur archiduc de Bruxelles, il s'occupe des grottes et fontaines du palais de Coudenberg et reçoit la fonction de "Ingeniaire à la fontaine artificielle" puis entre au service de la reine d'Angleterre Anne et d'Henrygravure où il découvre les écrits d'Héron d'Alexandrie tout récemment traduits. Il suit ensuite la princesse Elisabeth mariée à Frédéric V à Heidelberg où il réalise un des plus beaux jardins de son temps connus par sa description dans l'"Hortus Palatinus", ouvrage de son créateur.
En France, où il termina sa vie, seuls quelques éléments brisés d'un décor de grotte retrouvés en 1966 dans le château de Dieppe pourraient lui être attribués et plus probablement à son parent Isaac selon David Assouline.
Outre l'"Hortus Palatinus" et "Les raisons des forces mouvantes" déjà cités, Salomon de Caus est l'auteur de "La Perpective avec la raison des ombres et miroirs", "L'institution harmonique" et "La Practique et la démonstration des horloges solaires".

Les plantes à la Renaissance

Un nouveau regard

tableauLa Renaissance est l'époque des grandes découvertes, celle où l'on rapporte des nouveaux territoires des plantes que l'on tente d'acclimater ou qui, dans les jardins, sont la fierté de leurs propriétaires. C'est aussi l'époque où celles-ci ne sont plus étudiées uniquement pour leurs valeurs thérapeutiques mais aussi choisies pour leur rareté, leur beauté ou leur étrangeté. C'est l'époque où seront crées les premiers jardins botaniques.
C'est aussi à cette époque que l'on sépare l'utile de l'agréable: ainsi les plantes seront divisées entre les potagères et les ornementales; un siècle plus tard cette différentiation deviendra définitive.
A la fin du XVIe siècle, Agostino del Riccio distinguait les plantes médicinales des plantes ornementales et des herbes ordinaires qui peuplaient les parterres.
Ce nouveau regard devient aussi celui des peintres: les plantes abandonnent leurs symboles des temps médiévaux pour être peintes sur un mode hyper-réaliste comme le fera Dürher.

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Le voyage de Charles Magius - Sources: Gallica.bnf.fr
Georges d'Amboise fera construire sa demeure à Gaillon qui sera le premier château Renaissance construit dans le royaume, suivi quelques années plus tard, par le château de Bury appartenant à Florimond Robertet.

Leur création

Les architectes italiens qui travaillaient en France employèrent une grande rigueur dans leurs tracés qui de ce fait, galliciseront leurs jardins. Cette rigueur trouvera des théoriciens en Philibert de l'Orme, Androuet du Cerceau et même Bernard Palissy qui adopteront l'angle droit dans les massifs tout en donnant aux ornements des formes manièristes.
Toutefois ces jardins ayant totalement disparus nous ne pouvons que nous baser sur les documents d'époque pour en connaître leurs caractéristiques.
gravure C'est à celle-ci qu'apparaissent les orangeries où les agrumes sont cultivés dans des caisses que l'on rentre l'hiver; ainsi la Touraine verra sous son ciel les premiers orangers au Chateau-Gaillard.
Une salle pour le jeu de paume cotoiera également le jardin.
En général il est composé de parterres de broderies tracés au cordeau, de labyrinthes, d'une ou plusieurs fontaines, de berceaux le long des murs d'enceinte ou selon les allées principales, quelquefois de grottes dans les jardins les plus riches.
Héritiers des jardins clos médiévaux, les premiers jardins Renaissance furent entourés de galeries de bois couvertes d'ardoise ou de berceaux de treillages couverts de plantes grimpantes. Ces derniers étaient créés uniquement sur des terrains plats ou aplanis, ce qui nécessitait quelquefois d'importants travaux de terrassement. Puis peu à peu, ces jardins s'ouvrirent vers l'extérieur que seul un petit muret séparait du paysage environnant. Puis on commencera à exploiter les possibilités des terrains en pente par la construction de terrasses qui permettaient à la vue de s'ouvrir sur les alentours.
C'est en Italie qiue nous devons nous rendre pour tenter d'imaginer ce que pouvaient être ces jardins!

Les plantes utilisées

Composition du jardin

Les parterres

En France, le jardin Renaissance se caractérise par des parterres alignés selon un axe de symétrie avec au croisement de deux allées perpendiculaires un pavillon ou une fontaine et quelquefois comme nous le montre "Le thrésor des parterres de l'Univers" de Daniel Loris, en son centre, une fabrique.

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Olivier de Serres- Theâtre d'agriculture

Les parterres de forme géométrique contiennent soient des motifs de même nature, soient des broderies formant des figures, les blasons des propriétaires du jardins, en général bordés de buis.
D'après les écrits que firent quelques visiteurs de ces jardins, les carreaux étaient plantés d'herbes odoriférantes ou de fleurs, des buis et des romarins étaient taillés en topiaires figurant oiseaux, animaux, etc... techniques venues d'Italie car inconnues au Moyen-Age, des fleurs ou des petites plantes dessinaient les armes du roi et des monogrammes.gravure
Parmi ceux-ci sont souvent un ou deux labyrinthes.
En Italie, les premiers parterres eurent des formes géométriques simples, séparés par des allées de sable ou de graviers puis dans la seconde partie du XVIe sièce ils prirent des formes plus complexes, certaines parties plus élevées pour y recevoir des vases dans lesquels étaient plantées des fleurs, jacinthes, muguet, violettes ou rosiers.
En Europe du nord, Hans Vredeman de Vries, auteur de l'"Hortorum vindariorumque elegans et multiplicis formæ" met dans ses parterres des arbustes et les surélève de quelques centimètres au dessus du sol pour mettre en valeur des plantes exotiques; il s'inspirera des formes antiquesgravure en faisant appel à des auteurs tel Vitruve.
Les parterres étaient ceints de clôtures basses appelées "accoudoirs" car dans les jardins il était de bon ton de laisser des animaux en liberté.

Les berceaux et pergolas

tableautableauSelon les lieux, les jardins seront bordés de pergolas recouvertes de plantes grimpantes ou comme à Amboise, par des bâtiments formant galerie.
Issus des jardins médiévaux, ils resteront une caractéristiques des jardins Renaissance et seront situés soit dans le pourtour de jardin qui restera ainsi un "jardin clos" soit au croisement des allées où ils prendront l'allure d'une croix. Dans ce cas un dôme de même style pourra prendre la place du centre.
En Italie, on pourra voir également ces pergolas entourer des massifs et prendre des formes presque circulairesgravure
Berceaux entourant des arbres fruitiers de la villa Patraia.
comme dans la villa Petraia restaurée par Ferdinand de Médicis.
Ils étaient construits de fines lattes de bois que les sarments de vignes recouvraient. Les premiers modèles furent ceux que Crescenzi conseillaient dès 1309, faits de branches entrelacées d'ormes, d'arbres fruitiers, de saules ou de peupliers qui recouvraient une ossature en bois. Govian Soderini préférait, à la fin du siècle, utiliser le laurier, le laurier-tin ou la myrte pour atténuer l'éclat du soleil.
Des fenêtres ménagées dans le végétal permettaient au regard de s'ouvrir sur les parterres.
Nous pouvons voir l'importance de ces pergolas sur les gravures du "songe de Poliphile" - voir

Le labyrinthe

Le labyrinthe à la Renaissance

Les deux premiers châteaux Renaissance construit en France, ceux de Gaillon et de Bury, comporteront dans ses jardins deux labyrinthes tracés par Androuet du Cerceau.

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Les nombreuses illustrations de cette époque attestent combien le thème du labyrinthe était intimement lié au jardin Renaissance. Aussi, tant en Italie qu'en Allemagne, en Angleterre et en Espagne, des labyrinthes furent créés dans tout jardin royal ou seigneurial. Ceux-ci furent d'abord de simples tracés conformes au labyrinthe pour devenir complexes et figurer de véritables dédales.

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L'aristocratie française n'échappera pas à cette mode et Jacques Androuet du Cerceau créera, parmi d'autres, deux labyrinthes, l'un carré, l'autre circulaire dans les jardins du château de Montargis et un dédale dans les jardins du château de Charleval pour le roi Charles IX en 1560.photo

Dans les deux volumes des plus excellents bastiments de France d'Androuet du Cerceau, deux labyrinthes sont visibles dans les jardins du château de Buryphoto
Les jardins du château de Bury.
et un dans le jardin des Tuileries.

Les kiosques et les fontaines

gravureSur les plans dressés par Androuet du Cerceau, quelques jardins comportaient des kiosques ou encore une fontaine protégée par un pavillon occupant le centre du jardin.gravure
A Fontainebleau, des fontaines étaient situées dans ceratains jardins sur les pourtours du domaine où à des lieux où coule une source.

Les grottes

gravureLes grottes étaient couvertes de coquillages, madrépores, coraux, roches poreuses, etc... et comportaient également des jeux d'eau et scènes animées par des automates.

Les statues

C'est à cette époque qu'elles apparaissent en France pour la première fois dans les jardins alors qu'en Italie, la statuaire faisait largement partie de leurs agréments.

Jardins de châteaux

Dans les châteaux royaux et princiers

Ces jardins deviendront au même titre que le palais, l'expression du pouvoir, préparant ainsi les jardins à la française et à l'apogée de leurs luxueux bâtiments au siècle suivant. Il est le lieu essentiel de la vie de cour et la maîtrise de l'espace donne l'image du gouvernement raisonné que le souverain entend pratiquer sur son royaume: tableauil en est l'image idéalisée!
Les jardins à parterres voisinent avec des jardins plantés d'arbres fruitiers et d'espèces rares venus des territoires nouvellement découverts; tous sont des lieux de plaisir: on s'y promène, on échange, le roi y reçoit ses hôtes à qui il offre des divertissements. D'autre part, si le relief le permet, des terrasses sont aménagées ou des balcons sont créés sur les façades des châteaux pour que ces jardins puissent être admirés de haut, ce qui était impensable au cours de la période précédente où le château était avant tout un lieu sécurisé et protégé des interventions extérieures.

A Fontainebleaugravure
Plan du domaine de Fontainebleau.
et à Saint-Germain-en-Layegravure
Plan partiel de Saint-Germain.
, copiés sur les "jardins des merveilles" italiens, sont créés des jardins où des automates animent des scènes aquatiques, des orgues hydrauliques, des mécanismes simulant le cri des oiseaux, tout un petit monde merveilleux qui forcent l'admiration et semblent s'opposer aux lois naturelles. Ces jardins disparaitront et seuls resteront les descriptions faites par quelques lettrés qui eurent la chance de les visiter.

Amboise
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Lors des premières campagnes d'Italie, devant la magnificence des jardins italiens, Charles VIII entendait imiter Poggio Realephoto
Poggio-Reale dont les jardins avaient été concus par
Pacello da Mercogliano.
. Son jardinier venu de Naples, Pacello da Mercogliano et un érudit Fra Giovanni Giocondo furent amenés dans sa suite en France et créèrent, semble t-il, le premier jardin Renaissance à Château-Gaillard, non loin du palais royal d'Amboise, afin que le roi puisse s'y retirer.

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Charles VIII, élevé au château d'Amboise qui fait partie du domaine royal en fait sa demeure et entreprend de nombreux travaux; avec Pacello da Mercogliano il en modifie les jardins, ouvre quelques fenêtres dans les portiques qui les entourent et construit un belvédère qui permettent d'admirer la Loire et le paysage.gravureIl tenta avec Giovanni Giocondo et Dominique de Cortonne d'utiliser les eaux de l'Amasse pour alimenter les jardins en eau mais cette tentative échoua. Ce fut l'invention installée par un gentilhomme normand qui permit de monter l'eau d'un puits.
Les jardins d'Amboise comporte un petit pavillon, esquisse des constructions qui seront réalisées plus importantes à Blois et à Gaillon mais non pas au centre du jardin comme dans ces deux derniers jardins mais situé sur le coté, tel un meuble dans une habitation.

Blois
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Louis XII qui était né dans le château de Blois en fera sa résidence; il était allé en Italie et il y créera des jardins Renaissance, et délaissant Amboise, ce château deviendra le lieu où Claude France installera la cour qui se déplacera ensuite, avec François Ier, à Fontainebleau.
Ces jardins étaient remarquables par leurs dimensions et avaient été établis sur un terrain en pente qui avait été nivelé en des surfaces horizontales, ce qui avait exiger d'importants travaux de terrassement et de soutènement.

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gravure En premier lieu, de 1500 à 1510, Louis XII fit aménager par Passello, qu'il fit venir d'Amboise, le Jardin bas, un petit jardinet devenu la terrasse de l'Eperon puis le Jardin haut, le plus étendu et le plus élevé, chacun étagés en des plans différents sur le flanc de la vallée de l'Arrou. La chose nouvelle en ces jardins est que trois fenêtres permettaient du "Grand jardin" de voir le petit "jardin de la Reine" sans toutefois que l'on puisse passer de l'un à l'autre sans passer par les bâtiments: chaque jardin reste un jardin clos; le premier est entouré de berceaux sur trois côtés sauf sur la portion de murs où sont les fenêtres, le second de murs et d'une galerie haute d'où l'on peut admirer le jardin.
gravure A la création des jardins, le jardin bas était séparé du château par les fossés et n'était accessible qu'en passant par l'angle nord-est du château et jardin de la Bretonnerie. Louis XII fit donc construire un pont couvert par une galerie, à plusieurs arches possédant un pont-levis en son milieu qui fit directement communiquer le jardin et le château; cette galerie appelée "galerie des cerfs" débouchait sur un petit pavillon d'où partait une pergola construite sur un terrain en pente puis traversait un petit jardinet pour arriver dans un second pavillon d'où partaient les pergolas entourant ce jardin.+
Du jardin du bas étaient percées cinq portes, une vers le château, deux vers le jardin haut, une vers la campagne et deux vers les jeux de paume.
Un pavillon occupait la croisée centrale de deux allées.
Celui-ci est plus important qu'à Amboise et comporte un lanterneau vitré recouvertgravure d'un dôme d'ardoises et de "plombs dorés" surmonté de la figure couleur or de Saint-Michel, protecteur du royaume. Ce pavillon abritait une fontaine octogonale de marbre blanc de Carrare, dont les faces étaient enrichies de sculptures avec les armes et chiffres du Roi et de la Reine; à l'intérieur, un second bassin de forme ronde à godrons avec "masques et d'autres ornements très savamment taillés" posé sur un piédestal; de ce second bassin s'en élevait un troisième: c'était de ce dernier que jaillisait l'eau qui retombait dans les bassins du dessous; il était alimentée par une adduction entreprise par Fra Giocondo et réalisée par Pacello da Mercogliano. +
En 1503, un puits avait été creusé dans ce jardin mais ne pouvait fournir l'eau courante pour la fontaine.photo Puis après un premier essai d'alimentation de celle-ci par une adduction à partir d'un étang et un système de siphon imaginé par Fra Giocondo, on du avoir recours à deux citernes situées en lisière des jardins, alimentées par un système élévateur de l'eau d'un puits le tout dans le "jardin haut", actionné par un manège tiré par des chevaux.photo
L'eau de la grande fontaine alimentait une moins importante, construite aussi en marbre, située dans le jardin de la Reine à "six cannes" au dessous de la première.
gravure Un autre, le pavillon dit d'"Anne de Bretagne"
Ce pavillon existe toujours.
Il était octogonal et non
carré comme l'indique
Androuet du Cerceau.
, habitable celui-ci, existait dans ce même jardin qui était composé sur deux niveaux d'une pièce principale, de deux cabinets dont un chauffé et d'une chapelle; de l'étage, un passage permettait l'accès à la galerie située au dessus du jardin de la reine et un escalier à vis donnait l'accès à ce dernier; cet ensemble présentait les qualités d'un petit ermitage où seuls les souverains et leurs proches avaient accès. Le rez-de-chaussée de ce bâtiment était occupé par une orangerie et photoPacello occupait un logement au dessus de celle-ci, contigu à la galerie ouverte sur le jardin.
Beatis, l'un des chroniqueurs qui décrivit les jardins de Blois nous dit: Il y a là presque tous les fruits qui sont en terre de Labour, à l'exception des figues [...] J'y ai vu beaucoup d'arbres portant des oranges et d'autres agrumes, de haute taille... mais ils sont plantés dans des caisses de bois pleines de terre, et en hiver on les rentre sous une grande loge..., au dessus de laquelle se trouve le logement du prêtre jardinier [...] De plantes et d'herbes à salades, il y en a en abondance, d'endives et de choux d'aussi beaux qu'à Rome. Et Gadio confirmera que "les cédratiers, citronniers et orangers" sont dans des caisses, dans le petit jardin de la Reine" où il y a "un grand nombre de variétés de roses", deux petits pavillons de treillage "couverts de mûriers" et au centre "une fontaine de marbre, moins grande que l'autre, qui fait jaillir une eau abondante." ?
Ceci nous montre que les jardins étaient davantage animés par des plantations d'arbres en pots que les gravures de Du Cerceau nous le feraient croire!
Mais d'après ce dernier, le parquet de l'angle nord du jardin de Blois était planté d'arbres formant un bosquet; peut-être des fruitiers, souvenir du verger médiéval!
gravure Sans faire partie des jardins, deux jeux de paume existaient à Blois: le "Jeu de Paume de Roddes2" et le "jeu de paume de Porte-Côté1", le premier mentionné en 1508, l'autre, le plus grand de France, en 1530. Il était adossé au mur de soutènement du jardin du roi et on y jouait à la longue paume. Une galerie couverte de charpente et une fenêtre à meneau percée dans le mur du jardin bas permettaient de suivre les joueurs. Du jardin du Roi on y accédait par un petit pavillona contenant un escalier, puis d'une galerie allant de ce pavillon au Jeu.
Le second jeu de paume était également entouré sur deux côtés d'une galerie et communiquait avec le jardin bas par deux portesb.
Deux concierges ou gardes étaient logés sur place3, chacun ayant pour charge la protection de l'un ou l'autre jeu.
On ne sait si le jardin haut fut créé à la même époque que celui du bas. Il se constitua sur des terrains appartenant à des particuliers, notamment à Théodore de Pavie, médecin du roi. Conformément à la nouvelle pensée qui différenciait les plantes potagères des ornementales, il pourrait avoir été consacré à la production maraîchère. Il occupait une vaste terrasse d'environ 2 hectares jusqu'au sommet du plateau en suivant ses limites et surplombait le jardin bas de plusieurs mètres. Son enceinte était percée de plusieurs portes, deux à l'angle sud-est, probablement au milieu du mur pour accéder au jardin bas. Il était aménagé beaucoup plus simplement que le jardin bas, sans accoudoir autour des parterres et la vigne y tenait une part importante. Des documents parlent de salades, chicorées, peintureartichauts, asperges et les allées étaient bordés de muriers blancs. On y trouvait aussi des plantes venues d'Italie, des orangers et agrumes dans des caisses en bois que l'on rentrait l'hiver dans une seconde orangerie. On tenta d'acclimater sans succès des figuiers importés de la région de Naples, sans doute par Mercogliano dont Antonio de Beatis put voir les derniers plants en 1517.
En 1510, inspiré par la mécanique installée à Amboise, Marcogliano fit creuser un puits dans ce jardin et put ainsi fournir l'eau au Jardin du bas. L'eau tirée du puits se déversait dans un bassin rectangulaire voûté d'où partaient des tuyaux vers deux citernes enterrées; de ces dernières l'eau était acheminée vers différents point du Jardin bas. Ce travail fut probablement effectué par Pierre de Valence, célèbre fontainier de Tours que l'on avait appelé à Blois pour de tels travaux.
Un batiment protégeait le puits et son système élévatoire qui, comme l'architecture des citernes faisait l'"admiration des visiteurs".
D'autres citernes furent retrouvées sans que l'on sache quelle était leur destination.
Des constructions avaient été reléguées dans le Jardin haut: une orangerie, le logement du gardien et des bâtiments sans importance et architecture particulière.
Louis de Bologne rapporte qu'on voyait dans les jardins différentes espèces d'oiseaux, dont une autruche mais aussi un porc-épic et "d'autre animaux qu'il serait trop long d'énumérer". Beatis et Andrea Navagero n'en parlent pas et peut-on penser que ce genre d'animation dans les jardins avait disparu pour cause de dégradations malgré la présence d'accoudoirs insuffisemment hauts pour protéger les parterres... du moins si cela était leur fonction!

FrançoisIer
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Après Louis XII, François Ier interviendra sur les bâtiments mais malgré son goût au jeu de paume qu'il pratiquait, se détournera de Blois pour se consacrer principalement aux châteaux de Fontainebleau et Chambord où il pouvait s'adonner à son plaisir favori: la chasse. De Blois, pour embellir les jardins du premier, il y fera venir des plants de rosiers, de muriers blancs et autres...

Henri II
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Les rois suivants feront également des travaux et Henri II embellira en 1555 le jardin Haut par des tonnelles copiées sur celles du jardin Bas; il plantera de jeunes pruniers ramenés de Damas par le botaniste Pierre Belon dont les fruits seront baptisés "reine-claude" en hommage à la première épouse de François Ier, Claude de France; il fera aussi appel à l'"ydromanticq du roy" Jean Maillart pour amener dans le jardin haut, l'eau d'un étang situé aux "Bournas". L'entreprise échoua puisqu'elle fut abandonnée en 1566. Des factures montrent que d'autres travaux furent engagés sans que nous en sachions le but.

François II
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François II, durant son court règne, voulut compléter les jardins d'un grand parc qu'il aménagea dans la forêt de Blois, relié au château par une allée de 2,350 km de long, 20m environ de large et bordée d'ormes. Henri II avait conçu un projet analogue en prolongeant le chemin de la forêt jusqu'aux jardins mais celui de François II était plus important:

"Cette allée a quatre rangées d'arbres; l'allée du milieu a 32 pieds de large et les deux contre allées ont chacune 12 pieds de large; elle commence à la porte des Jardins hauts et continue jusqu'à la forest, ou il y a une porte qui ouvre et ferme; elle contient 1207 toises de long... Aux deux costez du duhors des contre allées il y a des fossez avec des hayes d'épine d'un bout à l'autre, les bords desquels fossez sont presque joignant les arbres des contre allées en sorte que lesd. arbres sont entre les epines des hayes.... Dans environ le quart de la longueur desd. allées au bout vers la forêt les arbres sont presque tous chesnes.... Le grand chemin qui est au costé dr. desd. allées estant impraticable en hiver, au droit du milieu environ de la longueur de la moitié d'icelle, les cavaliers et besteaux traversent l'allée par le dessous d'une grande arche qui est vers le bout du costé des Jardins Hauts... il y a une petite arche qui est vers le bout du costé de la forest pour l'écoulement des eaux... il y a deux autres petites arches dans la longueur de lad. allée."
André Felibien- Maisons royales cité par Pierre Lesueur.

Malgré la hâte avec laquelle il commanda les travaux, sa mort ne lui permit d'emprunter cette allée et c'est probablement sa mère, Catherine de Médicis, durant la régence de Charles IX, qui termina son oeuvre.
La création des allées amena la nécessité d'une fonction: celle d'un garde qui, selon la coutume, avait droit à un logement. On lui acheta une maison appuyée au mur Nord du Jardin bas, à l'extrémité des allées, composé une habitation avec cour et cave, d'un jardin, d'une écurie , d'une étable, un "têt" à cochons et d'un puits.
Les travaux suivants furent surtout destinés à la défense du château et en 1571, à l'entretien du puits et des citernes puis des bâtiments du Jardin haut.

Henri III
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Henri III poursuivit des travaux concernant ces mêmes bâtiments et fit refaire en 1578, les charpentes des Jardins. L'année suivante une tempête nécessita de nouveau leur réfection: on refit totalement les berceaux du haut qui avait probablement le plus souffert et on refit seulement "d'autre facon " "le grand berceau couvert" qui s'étendait le long du mur de soutènement du Jardin haut en le rehaussant. Ces travaux furent exécutés en 1581 par Jacques Bourg qui recut la charge de maître charpentier du Comté et à qui on lui attribua cent écus soleil.
gravure Selon Pierre Lesueur, c'est probablement à cette même époque que le roi créa la terrasse de l'Eperon, séparée des jardins par un fossé, peut-être une création militaire pour se protéger des guerres civiles, en lieu et place du petit jardinet et en 1616 on construisit un pont entre cette terrasse et le Jardin haut.

Henri IV
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Henri IV fit exécuter des travaux de grande importance: il remplaça les berceaux rénovés en 1581 par une galerie de pierre de taille; ces travaux commencèrent 1598 pour se terminer en 1603 et les derniers paiements en...1616! L'exécution des charpentes furent menés par Jean Serlant et Pierre Carré et coutèrent 7000 écus. Quant au sculptures, ce fut Robelin de Paris sous les ordres de Boyé de Blois qui en fut l'exécutant. A chaque extrémité étaient prévus des pavillons qui ne furent jamais exécutés.
Les jardins alimenteront la table du roi; ainsi des salades, des chirorées, des artichauts, des asperges et des melons seront acheminés de Blois à Meudon.

Marie de Médicis
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Pour une nouvelle activité jardinière et royale, il faudra attendre l'exil de Marie de Médicis dans ce château où les jardins furent l'objet de ses attentions et de ses distractions. Jean-François Dubost nous montre qu'elle ordonna des plantations lui permettant de retrouver des senteurs italiennes: jasmins, myrtes, et orangers. Son jardinier Pierre Mangot les reçoit de Gênes qu'il rempote dans des caisses en bois qu'il fabrique lui-même. Elle tenta de faire entrer à son service le botaniste et médecin Paul Reneaulme qui publia un ouvrage "Specimen historæ plantarum" et "La Vertu de la fontaine de Médicis, près de Saint-Denys-les-Blois". Puis la Reine-mère s'échappa du château pour se réfugier dans celui d'Angoulême et c'est son fils Gaston d'Orléans qui interviendra à Blois avec Mansart et Le Nôtre pour transformer le site à la mode du grand siècle.

Gaston d'Orléans
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Gaston d'Orléans, héritier présomptif du trône, ayant reçu le comté de Blois en apanage, s'installe en son château en 1634. Il entreprend sa reconstruction qu'il confie à Mansart, en continuité du palais du Luxembourg construit par Marie de Médicis et en opposition à Richelieu qui se fait bâtir un palais et une ville modèle dans son fief aux confins de la Touraine, du Saumurois et du Poitou. Il crée un jardin botanique dont on ne connait pas la disposition. Seule l'aile ouest en fond de cour fut édifié.

Fontaine Belleau
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Fons Bleaud ou Fontaine Belle Eau, Fontaine Belleau, Fontainebleau fut le siège d'un des plus beaux châteaux français dont François Ier fut l'instigateur en transformant un château médiéval en un château du style qu'il avait put admirer en Italie lors de ses campagnes.
gravure Il était particulièrement difficile de construire un tel ouvrage dans un site marécageux où un petit ru, affluent de la Seine, s'étendait en stagnant sur des terrains sablonneux et instables. Les architectes obtiendront de ces éléments des caractères qui en feront leur gloire et leurs attraits. La forêt proche en fera également le lieu où les rois aimaient y séjourner pour la chasse.
Dès sa conception, François Ier entendait bien, comme son prédécesseur Louis XII avait fait à Blois, que des jardins fassent parties du domaine et les lettres patentes par lesquelles le roi dédommageait les religieux occupant l'abbaye voisinegravure nous le montre bien: François par la grâce de Dieu Roy de France: à tous presens et à venir. Comme pour accroistre, aggrandir et aiser le Bastiment que presentement nous faisons construire et édifier en nostre Chastel et Maison de Fontaine Belleau en la forest de Bierre, icelui décorer et embellir de Place, Jardins et Pourpris convenables
terrains qui deviendront jardin du roi puis de la reine,
aujourd'hui "jardin de Diane".
, ainsi qu'il appartient; attendu qu'avons intention et sommes délibéré y faire cy-après la plupart du tems notre residence pour le plaisir que prenons audit lieu et aux deduits de la Chasse des bestes rousses et noires qui est en la forest de Bierre et aux environs; nous est convenu prendre et recouvrer de nos chers et bien aimés les Ministres et Religieux de l'Ordre de la Sainte Trinité étant audit lieu de Fontaine Belleau, la moitié du lieu où est de present situé la grande Galerie faite pour aller dudit chasteau engravure leur Eglise et logis de l'Abbaye, leurs jardins et leur grand Clos des Prèsgravure
futur jardin des Pins y
compris le grand Etang.
, celui où est de present notre écurie avec leurs Etangs et Vivier, la maison du Chapelain qui souloit être dans ledit chasteau, et dix-sept maisons d'aucuns habitans dudit lieu qui étoient contigüs et joignant à notredit Chastel,...

Une fontaine de Primaticephoto
fontaine d'Hercule d'après Jacques
Androuet Du Cerceau
surmontée d'une statue d'Hercule sculptée par Michel-Ange fut érigée dans la cour devant l'étanggravure
Situation de la fontaine d'Hercule
qui fournissait l'eau de la table du roi; elle était gardée en permanence.
Le jardin des Pins où une grotte
Grotte des pins
avait été construite limite la propriété royale de cette époque dans lequel étaient de nombreux canaux; il y fut établie la fontaine Belleau, objet d'un traitement monumental, sacralisant l'endroit comme fondateur du lieu.

gravureHenri II, François II, Charles IX et Henri III continueront à modifier le château et Catherine de Médicis interviendra dans le jardin du Roi qui deviendra le sien en l'agrandissant et l'enfermant par des galeries: au nord, une volière- qui deviendra une orangerie- dominée par un pavillon central dans lequel était une fontaine
Fontaine de la Volière- Abraham Bosse
, à l'ouest, la galerie des Chevreuils, à l'est, celle des Cerfs, le tout cernant quatre parterre réguliers entourés de copies en bronze d'antiques fondues sous la direction du Primatice alternant avec des orangers; le centre était occupé par la fontaine de Dianephoto.
gravureLa grande étape suivante sera l'intervention de Henri IV qui entend restaurer l'autorité royale mise à mal par le dernier des Valois et poursuivre la politique artistique instaurée par François Ier. A Fontainebleau, outre ses interventions sur les bâtiments, il restructuera les jardins et créera le jardin de l'Etang, parcelle carrée gagnée sur l'étang, à laquelle on accédait par une passerelle en bois. Il était planté d'ifs taillés et de buis que Claude Mollet avait introduit dans les jardins royaux. Au centre, Henri IV avait placé le grand Hercule provenant de la fontaine que François Ier avait fait ériger devant le palais. Cette oeuvre fut perdue lors de la démolition du jardin en 1713.
gravuregravure Avec Henri IV, la place réservée à l'eau prendra une nouvelle dimension; des fontaines ornées de sculptures furent installées dans le jardin de la Reine dont la responsabilité fut confiée à Thomasso Francini et son frère Alessandro; pour les alimenter, après l'acqueduc construit sous François Ier, il fut nécessaire d'en construire un second dont les eaux arrivaient à une hauteur supérieure de 1,5m au premier et pouvait ainsi assurer une pression suffisante aux fontaines.
Il augmenta le jardin des pins de plusieurs petits jardins
bois des canaux, jardin fruitier, jardin de la fontaine.
et le grand jardin de la reine fut entièrement transformé. Enfin il fit réaliser le grand canal qui suivait le cours du ru de Changis selon un axe ouest-est en continuité du même axe du jardin de la Reine. Ce dernier agrandissement marqua les limites que le domainre gardera ensuite tout au long des siècles suivants.

Sans aucun doute, les jardins du château de Fontainebleau inspireront Lenôtre pour la réalisation des jardins de Versailles quelques dizaines d'années plus tard avec Claude Mollet.

Les illustrations ont été gravées sur cuivre par Abraham Bosse et Michel Lasne. La première offre une vue en perspective de l'édifice entouré de ses jardins ; les 8 suivantes montrent des fontaines spectaculaires, conçues par les frères Thomas et Alexandre Francine, et gravées d'après leurs dessins.

Les Tuileries
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Plan du château et des jardins des Tuileries par Androuet du Cerceau
C'est Catherine de Médicis qui est à l'origine de la création des jardins et du palais des Tuileries dont la construction commença en 1564. Les jardins éaient compris dans un espace trapézoïdal de 570m de long sur 310 de large quadrillé par des allées orthogonales bordées d'ormeaux, de sycomores et de sapins. Il se composait de parterres et d'un "bois" sous la forme de bosquets. On y trouvait un labyrinthe, plusieurs fontaines ornées de sculptures alimentées par une source située à Saint-Cloud, des fabriques dont une grotte rustique et une grande salle de verdure dite "des Polonais" érigée à l'occassion de la réception des ambassadeurs de ce pays en 1573.
Pour ces travaux, la reine s'appuya sur Marie-Catherine de Pierrevive, dame du Perron, pour les jardins, de Philippe Delorme pour les adductions d'eau, du fontainier Florent Fournier qui dût faire face aux fuites provoquées par la trop forte pression de l'eau à son arrivée dans les jardins, Bernard Carnesecchi pour des plantations et bien sûr, Bernard Palissy pour la grotte. Quant au jardiniers, nous trouvons les noms de Pierre de Villiers, Bastien Tarquien et Pierre Lenôtre, grand-père d'André Lenôtre.

Les jardins de Catherine de Médicis

Mariée au troisième fils de François 1er, Catherine de Médicis n'est pas appelée à gouverner et ne dispose pas de demeure en son nom. Sous un prête-nom, elle fera acquisition d'une ferme près de Fontainebleau et ce n'est qu'à la mort du roi qu'elle y mènera quelques travaux. Son statut changera en 1556, lorsque son mari lui offrira le château de Montceaux où elle couvrira de charpentes la grande allée servant de mail et fera édifier à son extrémité, une construction de pierre abritant dans sa partie basse une grotte; mais c'est lorsque devenue "régente" elle affirmera son pouvoir et lancera de grands projets de jardins.
Debut 1561, à Fontainebleau, elle fait dresser une grande pergola dans le jardin dit du roi qui devient alors "le jardin de la Reine".
A Blois, elle fait aménager le fossé sur lequel est bâti la galerie des Cerfs: un escalier privatif descendait depuis les cabinets de la Reine jusqu'à une salle ménagée sous la grande arcade de la galerie; elle ouvrait sur un petit cabinet probablement en charpente de bois, adossée au mur de la galerie et semble avoir été une sorte de serre avec vue sur de petits parterres plantés dans le fond des fossés. Elle surveilla de près l'entretien et l'achèvement de la grande allée du château vers la forêt dont son fils François II avait été le concepteur. Voir - Sous son règne, elle fit replanter deux à trois mille ormes d'une allée du bois de Vincennes.
En 1560, elle s'attribue le château de Chenonceau dont Diane de Poitiers était la propriétaire. Voir
En 1563, elle acquiert le château de Saint-Maur situé au sommet d'une crête dans un méandre de la Marne mais seul le plan de du Cerceau nous enseigne de ce qu'il fut. On aménagea un mail couvert de charpentes, sans doute une réplique de celui de Montceaux.
Au cours de son tour de France que fit Catherine avec son fis Charles IX, elle se rendit à Hyères où elle fit le projet de construire un château (encore un!) dans les jardins duquel serait expérimentée la culture de la canne à sucre. Les travaux commencèrent mais ce palais ne vit jamais le jour dans le contexte de guerre civile qu'étaient les guerres de religion.
Son palais des Tuileries non encore terminé, la reine acheta un hôtel parisien sur la paroisse de Saint-Eustache. Elle l'étendit par l'achat d'un terrain appartenant à un couvent pour y créer un jardin et condamna la rue d'Orléans pour faire de l'hôtel et du jardin un seul ensemble.
En 1583, elle acheta une maison sur la colline de Chaillot qu'elle agrandit sur les plans de l'architecte Dupérac. Cette fois ce n'était que pour profiter du jardin voisin appartenant au couvent des Minimes qu'elle appréciait et où elle aimait se promener. En 1588, elle fit de nouvelles acquisitions pour projeter la construction d'une villa à l'antique sise au sommet du jardin en pente. Ce projet fut abandonné après son décès, neuf mois plus tard.

On pourrait se demander quelle était la destination de toutes ces résidences? Et de toutes la reine savait-elle encore où elle habitait? Assouvait-elle une passion où une nécessité de changement? L'histoire ne nous donne pas de réponse. Ronsard nous donne son point de vue:
"Mais que nous sert son lieu des Tuileries?
De rien, Moreau, ce n'est que vanité".

Une autre raison est avancée par De Thou qui nous dévoile que la reine mère était supersticieuse et persuadée que lorsque ses résidences seraient terminées, ce jour verra également sa mort... et ainsi elle aurait voulu retarder sa fin en construisant toujours de nouveaux châteaux!
A sa mort, Catherine de Médicis, laissera une facture de 800 000 écus... et nombre de chantiers et projets sans suite.

Chenonceau

gravuregravureEn 1560, Catherine de Médicis privait Diane de Poitiers de son château de Chenonceau contre l'austère château de Chaumont-sur-Loire par son rattachement à la couronne. Elle gardera mais modifiera le jardin de Diane de Poitiers en établissant au nord et au sud de longs berceaux de treillages appuyés sur des pilastres sculptés couronnés d'octogones et le doublera par de "nouvellement construits" en 1565 sur la rive gauche. Elle fit percer des allées dans le parc en gardant les jeux de paume et de bague.
Dans le grand jardin de la Reine, sur un modèle de Bernard Palissy, on créa la "fontaine du Rocher", de style rustique, faite de roche artificielle d'où jaillissaient plusieurs petits jets d'eau; elle était ornée de stalagtites et ceinte d'une pergola couverte de treilles servant de promenoir.
Pour l'alimentation des fontaines, Catherine de Médicis avait fait appel à un fontainier nommé Picard Delphe qui eut pour mission d'alimenter tous les jardins en eau; elle fut amenée par des conduites souterraines de la source de la Dagrenière.
Catherine avait aussi fait disposer de grandes cuves de pierre assises sur des piédestals à environ un mètre de hauteur qui permettaient de faire de maigres jets d'eau; les seules ressources hydrauliques du lieu n'avaient pas permis d'en faire davantage, bien que les fontaines présentes fussent d'une grande nouveauté!

La fontaine du Rocher.

"A main dextre de l'entrée, il y a une fontaine dedans un roc, de plusieurs gettons d'eaue, et à l'entour d'iceluy une cuve de quelques 3 toises de diamètre, toujours pleine d'eaue. A l'entour d'icelle cuve, une allée à fleur de terre en manière de terrace, et plus hault une autre terrace tout à l'entour, de 8 à 10 pieds de hault, couverte de treilles, soutenue et fermée d'un mur enrichy de niches, colonnes, figures et sièges."

Androuet du Cerceau
Note: Ce n'est pas du tout le jet d'eau que l'on voit actuellement à Chenonceau sortant d'un caillou et jaillissant à plusieurs mètres de hauteur!

Dans l'esprit des jardins italiens, sur la rive droite, un jardin vert de végétaux à feuillage persistant avait été créé à la place du potager des anciens propriétaires du château, par un maître italien Henri le Calabrese qui, devenu agé, fut assisté par Jehan Collo dit Messine, du nom de sa ville d'origine; en "petites eaux" c'est à dire de petits jets disposés symétriquement dans les compartiments.
A ce jardin étaient annexées une vaste volière entretenue par Henri le Calabrese et une ménagerie gérée par César de Glanderon, où Catherine avait de grands moutons, des loirs, des civettes, des buffles et autres animaux.

Poursuivant la politique de Diane de Poitiers, la reine-mère poursuivit la plantation de muriers blancs et créa la magnanerie de Chenonceau et une filature de soie aux château des Houdes. Elle introduisit le plant de Tournon dans le vignoble de Chenonceau.

Saint-Germain-en-Laye
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gravuregravureCet ensemble occupe un site remarquable mais était particulièrement difficile à aménager; aussi de grands travaux de terrassement furent nécessaires pour réaliser les jardins car contrairement à leurs homologues italiens l'architecture y était omniprésente. Ces jardins devinrent les plus grandioses d'entre tous. Henri IV les fit aménager probablement par Etienne du Pérac, un de ses architectes qui avait séjourné à Rome et étudié des reconstitutionsgravure du site helléniste de Prénestephoto
Vestiges de Preneste,
ancienne ville du Latium, aujourd'hui Palestrina.
que fit Pirro Ligorio.
Il fut assisté dans sa tâche du jardinier Claude Mollet puis des hydrauliciens Tommaso Francini et de son jeune frère Alessandro, et divisa ces jardins en six grandes terrasses reliant le château à la Seine suivant un axe central; sur chaque terrasse était une fontaine, un bassin, des grottes, des escaliers et des parterres de broderies composant des maximes, les initiales ou les emblèmes du souverain.
gravureSous la quatrième terrasse était aménagée une orangerie et plus en arrière, étaient creusées sept grottes avec jeux d'eaux et automates imités de ceux de la Villa de Pratolino, alors modèles du genre qui furent exportés dans toutes les cours d'Europe.

En savoir plus sur les automates hydrauliques de Saint-Germain. lire

Montargis
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gravureFille d'Anne de Bretagne et de Louis XII, Renée de France est faite comtesse de Gisors et dame de Montargis. Après son mariage avec le duc Hercule II d'Este, elle passera 32 ans de sa vie à Ferrare puis s'établira à Montargis après le décès de son mari. Elle fera venir son jardinier d'Italie, Jerome Teste qui créera les jardins sous la direction d'Androuet du Cerceau.

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Etablis sur un terrain en pente, ces jardins entourent le château telle une double collerette: au niveau supérieur, le jardin d'agrément, clos de tous cotés, bordé d'arbres probablement en espaliers, comprenant des "quarreaux" dont deux labyrinthes; deux pergolas et deux autres de chaque coté d'une allée divisent le jardin mais ici, ni pavillon, ni fontaine comme à Gaillon ou Blois.

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Le niveau inférieur semble avoir été consacré aux cultures vivrières, à la vigne et aux arbres fruitiers.
Le château restera quelques temps dans la famille puis fut réuni à la couronne. Dès le XVIIe siècle, les jardins furent loués et deviendront des terres agricoles jusquà la moitié du XIXe siècle où le cimetière sera agrandi sur la moitié de la première terrasse et le jardin vivrier urbanisé.

Autres jardins

Alès
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Dans Le voyage de Thomas Platter, les intéressés nous racontent le périple qu'ils firent dans le midi de la France et des lieux qu'ils visitèrent. Alès était à l'époque le domaine du connétable, disent-ils, qui y possédait un beau château avec un jardin magnifique. [...] Il faut traverser le Gardon pour arriver au fond d'une vigne, à la source dont les eaux ont été détournées pour le jardin du château. [...]
La maison du jardinier est un beau bâtiment situé au pied de la montagne, au bord du Gardon à main gauche en sortant de la ville. En y entrant,...
lire la suitephoto

Gaillon
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Georges d'Amboise qui avait accompagné Louis XII en Italie et qui comme lui avait pu admiré Poggio-Reale fit de son château de Gaillon le premier château Renaissance construit en France.
gravurePour les jardins il fit probablement appel à Pacello da Mercogliano qui avait été amené d'Italie par Charles VIII et qui avait travaillé à Amboise et Blois. Comme à Blois, les jardins furent établis sur un terrain en pente aplani par d'importants travaux. Cependant ils gardent encore un des caractères du jardin médiéval car les écrits de Jacopo d'Atri nous disent qu'en 1510 le mur du fond était orné de peintures et qu'en conséquence les fenêtres figurées par Androuet du Cerceau ont dû être ouvertes plus tard.
gravuregravureLe centre était occupé par un pavillon abritant une fontaine de marbre d'Italie; d'Atri admirera le décor et son toit couvert d'ardoises et la coupole en plomb doré du lanterneau vitré; plus complexe que celui des jardins de Blois puisque sont appliquées quatre tonnelles aux angles du pavillon.
Au fond du jardin devant une grande volière, un autre pavillon octogonal devait exister puis avoir été détruit lorsque Du Cerceau fit ces relevés, puisque selon Beatis, le cardinal avait l'habitude de s'y rendre, particulièrement l'été pour y faire la sieste...
A Gaillon, dont le climat est plus froid qu'en Touraine, il n'y a pas d'oranger mais des arbres fruitiers et d'Atri précise que les carreaux sont plantés d'herbes odoriférantes ou de fleurs "les plus délicates qu'on puisse désirer" et de "buis et romarins taillés en navire, en fontaine et autre formes". Beatis ne voit que quelques arbres et précise que les plantes dans les carreaux dessinent les armes du roi et des "lettres antiques" et que les topiaires présentent "mille fantaisies: homme à cheval, navires, et toutes sortes d'oiseaux et d'animaux".?
Remarquons deux labyrinthes cote à cote dans ces jardins.

Les jardins de Diane de Poitiers
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Chenonceau

gravureCadeau d'Henri II à Diane de Poitiers, celui-ci fut embelli par la création d'un grand jardin en une terrasse protégée par une forte levée de terre gazonnée entourée de douves afin de le soustraire aux crues du Cher. Ce jardin était à la fois parterre, verger et potager. Elle se fit aider par Jean Babou de la Bourdaisière qui lui envoya son jardinier et Simon de Maillé qui lui envoya celui du Vernou, un jardinier de Tours nommé Nicquet et Cardin de Valence. Des allées furent percées dans la garenne avec des cabinets de verdure, un jeu de paume et un jeu de bague. Le jardinier de Vernou créa dans le parc de Chisseaux un "dédalus" c'est à dire un labyrinthe.
Diane importa des muriers blancs pour la sériculture que la future propriétaire, Catherine de Médicis, développa dans la région.

Limours

Construit par Anne de Pisseleu, duchesse d'Etampes, favorite de François 1er, le château de Limoursgravure fut acquis par Henri II en 1552 et offert la même année à sa favorite.
C'est là qu'elle passera les six dernières années de sa vie, oubliée après avoir été une des femmes les plus admirées de la Cour. Elle mourra à Anet le 23 avril 1566.

Anet

Autre cadeau d'Henri II à sa favorite, le château d'Anetgravure est resté célèbre pour sa fontainephoto.
Olivier de Magny chanta Anet et ses jardins - lire.

Bury
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Florimond Robertet qui avait voyagé en Italie, probablement enchanté par ce qu'il avait vu, se fit construire un château à Burygravure
Sur ces gravures d'Androuet du Cerceau on peut voir que les carreaux des
jardins ne sont pas les mêmes selon les vues qu'il reproduit.
qui sera avec celui de Gaillon, l'un des premiers châteaux Renaissance en France.
Ce château et ses jardins auront une vie bien provisoire puisqu'ils ne survivront pas au siècle suivant; ils furent vendus par expropriation à Charles de Neuville puis après quelques sucessions fut démantelé, abandonné puis transformé en carrière de pierres.

Meudon

Au XVIe siècle, résidence de François Ier et de sa favorite, Anne de Pisseleu, le château de Meudon passe aux mains du cardinal de Lorraine; ce dernier qui est allé plusieurs fois en Italie s'inspirera de ce qu'il y avait vu pour transformer le château et les jardins. Ceux-ci ne seront pas établis sur des surfaces aplanies en pente mais sur des terrasses. Une orangerie sera créée,gravure une grotte décorée par le Primatice et animée de jets d'eau, admirée par tous les visiteurs dont Ronsard, qui la chanta! Ce dernier chantera également les jardins et ses orangers tout à la gloire du Cardinal sous la forme d'un hymne afin d'obtenir quelques subsides ou abbaye... demandes auxquelles le prélat resta totalement sourd!

Les jardins à visiter

Les plus connus sont en France, ceux de Villandry qui ont été créés au XXe siècle. Mais vous n'y retrouverez ni fontaines, ni grottes, ni orangerie, ni plan d'eau, ni grands pergolas les entourant; cependant on pourra admirer les parterres et les différents jardins qui sans aucun doute vous émerveillerons.
- photoChâteau-Gaillard à Amboise, lieu où Dom Pacello de Mercoliano créera pour la première fois un jardin d’agrément dans la continuité du château et amenera avec lui les premiers orangers de France en fondant la première "Limonaia".
"Ce petit coin de paradis fut longtemps oublié, mais a été sorti de l’oubli et restauré depuis 5 ans par un passionné de la première Renaissance : Mr Marc Lelandais"
Pour visiter
- Les jardins du château de Chamerolles dans lequel a été aménagé le musée des parfums. Ils ont été reconstitués d'après les gravures d'Androuet du Cerceau.

photo

Des jardins Renaissance plus fidèles que ceux de Villandry, avec pergolas et labyrinthe!
- A Montargis sur un terrain qui, autrefois faisait partie des jardins du château, ont été re-créés 12 carreaux selon les plans de du Cerceau.

Suite

Sources

- Salomon de CAUS- Le jardin palatinphoto - Editions du Moniteur
- Casimir CHEVALIER- Le château de Chenonceauphoto - Notice historique.
- Collectif- Jardins de châteaux à la Renaissancephoto - Gourcuff-Gradenigo
- Collectif- Créateurs de jardins et de paysagesphoto en France de la Renaissance au début du XIXe siècles - Actes sud
- Collectif- Histoire des jardinsphoto - de la Renaissance à nos jours - Flammarion
- Collectif- Nature & paysagesphoto - L'émergence d'une nouvelle subjectivité à la Renaissance - Ecole des Chartes
- Vincent DROGUET- Les jardins du château de Fontainebleauphoto - Nicolas Chaudun
- André FELIBIEN- Mémoires pour servir à l'histoire des maisons royales de bastiments de Francephoto - reprint
- Penelope HOBHOUSE- L'histoire des plantes et des jardinsphoto - Bordas
- Gaëtane LAMARCHE-VADEL- Jardins secrets de la Renaissancephoto - des astres, des simples et des prodiges - L'Harmattan
- Pierre LESUEUR- Les jardins du château de Blois et leurs dépendancesphoto - Imprimerie C. Migault & Cie - Blois
Sur le Web
Ouvrages numérisés, articles et sites
- David ASSELINE- Les antiquitez et chroniques de la ville de Dieppe- Tome I - Tome II.
- Eugène BELGRAND- Les travaux souterrains de Paris - Les eaux.
- Hervé BRUNON- Grottes de la Renaissance: état de la question.
- Vincent DROGUET- Fontainebleau, le temps des jardins.
- Casimir CHEVALIER- Les jardins de Catherine de Médicis à Chenonceau.
- Michel HARDY- Notice sur David Assouline.
- Emmanuel LURIN- Le chateau neuf de Saint-Germain-en-Laye, une villa royale pour Henri IV.
- Philibert de l'ORME- Architecture
- Jardins de châteaux à la Renaissance- Château royal de Blois.
- Israel SYLVESTRE- Fontainebleau

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