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Le jardin d'Eden est le jardin du Sens et de l'interprétation. L'homme est au paradis quand il est dans le jardin du Sens.

Marc-Alain Ouaknin cité par Bertrand Vergely - Retour à l'émerveilement.

L'Eden

Son étymologie

Eden signifie "délice" en hébreu; ce mot existe également en sumérien et signifie "steppe, campagne", en akkadien, edenu, steppe ou désert, ce qui n'évoque pas un lieu de délices! Les Sumeriens appelaient Edin la plaine de Babylone.
Il pourrait aussi dériver de l'assyri-araméen adàn, faire prospérer.
paradis, du vieux Persan "paradaiza" ou "apri-daeza" qui donna en grec "paradeios" et "paradisus" en latin, "pardes" en hébreu et en chaldéen.
Constatons la ressemblance linguistique avec le "paradêsha" sanscrit.

Son origine

photo.jpgLa genèse est probablement une version d'une première histoire véhiculée et transformée lors des migrations des peuples, légende contant des lieux et les origines mythiques de l'homme.
Elle peut être aussi le fruit de l'assemblage de plusieurs légendes originaires des mythologies babylonienne, assyrienne, indienne et autres, et ses rédacteurs en exil à Babylone n'ont fait qu'assembler des récits pré-existants pour en former un nouveau qui présente bien des contradictions et à la lumière des sciences modernes, des impossibilités, voire des aberrations.
Nous en retrouvons des éléments dans l'épopée de Gilgalmesh, l'arbre de vie, le serpent qui empêche le héros d'accéder à l'immortalité et le déluge qui met fin aux humains, laquelle épopée est issue de plusieurs autres récits mythiques, mais aussi du zoroastrisme issu de mazdéisme, lui même issu des textes védiques, dont le seul dieu est le dieu créateur et le dualisme "bien/mal", une de ses caractéristiques. On y trouve également l'arbre de l'immortalité appelé Gaokerena. Ainsi avec les cultes de l'arbre très vivants et universels dans l'Antiquité, les rédacteurs de la Genèse ont créé deux arbres, l'un de vie, l'autre mortel pour l'homme par la connaissance du bien et du mal.
Il est à noter que dans la tradition, le figuier- et non le pommier- est cet arbre dont il ne faut manger le fruit et que celui-ci est, selon les peuples et ses croyances, l'arbre impur.
Il était facile à Babylone et ses jardins, de transposer le mot "pardes", jardin des rois, en "eden" qui donnait une image plus éloquente du jardin dans lequel avaient été placés Adam et Eve.
Quant aux quatre fleuves, les Perses plaçaient le berceau de l'humanité sur une montagne où coulait une source céleste entretenant l'arbre de vie qui se divisait ensuite en quatre fleuves et l'on peut voir sur une miniature persane, le jardin dont les eaux se dirigent dans la direction des quatre points cardinaux.
Cette légende est aussi à l'âge d'or de l'antiquité grecque où l'homme vit en toute innocence et du Satya Yuga dans les textes védiques et hindouistes.

L'homme crée à l'image de Dieu, était immortel, et destiné à cultiver la terre: L’Éternel-Dieu prit donc l’homme et l’établit dans le jardin d’Eden pour le cultiver et le soigner.

Il reste donc à la race humaine de se parfaire et pour atteindre suffisamment de sagesse pour créer en son esprit un jardin qui soit un véritable Eden, ce en quoi il pourra prétendre au bonheur.

photo photo

Dans les différents paradis des mythologies indiennes, brahmaniques et chinoises, on trouve comme dans la genèse, des arbres de la science ainsi que quatre fleuves issus d'une source commune. Ces quatre fleuves arrosent les quatre directions géographiques et sont en relation à tout un système dont le chiffre quatre est la constante.

Sa situation

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carte plan plan plan

gravureL'Éternel-Dieu planta un jardin en Éden, vers l'orient, et y plaça l'homme qu'il avait façonné.
Ce jardin que l'on croyait situé au Moyen-Orient fut l'un des plus représentés.
Saint-Justin, Saint-Clément d'Alexandrie, Tertullien et bien d'autres affirmèrent son existence. Ce mythe était si ancré que, jusqu'au XVIe siècle, on le rechercha. Saint Augustin, Saint Thomas d'Aquin et même Luther confirmèrent sa réalité. Christophe Colomb, lors de son troisième voyage alors qu'il croyait avoir atteint l'Orient, et qu'en réalité il était aux abords de l'estuaire de l'Orénoque, pensa qu'il était parvenu à proximité du paradis terrestre.
On rechercha alors le paradis sur les lieux nouvellement découverts; avec l'Eldorado on crut touché au but mais le trouvant rien, on supposa, comme Luther, que le paradis terrestre avait disparu avec le déluge.
carteA partir de cette supposition, la recherche ne se fit plus par des voyages mais par l'étude des cartes, de la linguistique, des déplacemnts du peuple hébreu et des légendes circulant ça et là dans les différentes régions de l'Inde, Moyen-Orient et Europe centrale.
En 1691, le Père Daniel Huet de l'Académie française faisait éditer un traité sur la situation du paradis terrestre qui sera une référence de l'époque pour les chercheurs de paradis. Il défendait tableauque l'Eden n'était pas le nom d'un jardin mais celui d'un lieu géographique qu'il situa sur le cours commun du Tigre et de l'Euphrate jusqu'à la division du fleuve lorsqu'il se jette dans le golfe persique. Puis il plaça le paradis sur la rive orientale du fleuve. C'est Bossuet qui le présenta au roi.
Les recherches archéologiques d'aujourd'hui rendent caduques ses conclusions.
Au XVIIIe siècle, comme le montre la carte ci-dessus éditée en 1700, donne les situations possibles de l'Eden mais toutes peuvent être fautives car aucune ne répond à la description complète qui en est faite dans la Genèse.

Ernest Renan le rechercha au Pamir car il se demanda si le mot "Eden" n'était-il pas le nom du royaume d'Oudyâna, que l'on traduit par "parc ou du jardin" que les Hébreux auraient sémitisé en Odan, Oden, Eden, tout comme les Perses avaient changé Airyana en Iran. Enfin, M. Stanilas Julien a très joliment remarqué qu'en Oudyâna se rattachent les plus anciennes traditions religieuses et les plus vieilles légendes du Brahmanisme. On racontait que le nom d'Oudyàna venait de ce qu'il y avait eu là, autrefois, le parc ou jardin d'un monarque tourneur de roue, et au faît d'une montagne escarpéee, la présence de sources jaillissant dans la forêt, d'un mélange de fleurs charmant la vue et de l'arbre de vie Kalpatarou. D'autres parlaient d'une très haute montagne avec un lac à son sommet, une fontaine, un dragon et qu'un grand fleuve y prenait naissance. Mais tous s'accordaient pour vanter l'abondance des raisins, des cannes à sucre et des parfums de cette contrée, ses forêts à végétation vigoureuse et l'exubérance de ses fleurs et de ses fruits, et même ses tourbillons de pluie et de neige mêlées, brillants de cinq couleurs semblables à des nuages de fleurs qui volaient dans l'air.


Au XIXe siècle, JBF Obry, liguiste orientaliste, dans une remarquable étude du mythe de la Genèse, montre son origine possible et son évolution à partir des sources indiennes jusqu'en Mésopotamie. Il démontre que le Pamir avec ses quatre fleuves se répartissant dans les quatre directions avec les légendes qui s'y rapportent, pourrait en être son point de départ. Le nombre de fleuves auraient été gardé pour maintenir la tradition des fleuves associés aux quatre points cardinaux. A l'origine, aucun fleuve est nommément désigné dans la Genèse! Il montre aussi les confusions entre des pays de même nom qui aurait conduit plusieurs exégètes à choisir le Nil comme fleuve paradisiaque.
Ainsi, une mythologie originelle transmise par tradition orale, puis passant d'un peuple à l'autre au cours des âges et des migrations, a pu se poursuivre, chaque peuple ou groupe y apportant des modifications selon le pays dans lequel il se trouvait en changeant le nom des fleuves, donnant au texte une évolution dans le temps mais aussi suivant la géographie, de nouvelles croyances et des nouvelles conditions.


Etymologie du mot "homme"

Enfin, Teilhard de Chardin écrivit: il n'existe pas le moindre vestige à l'horizon, pas la moindre cicatrice, indiquant les ruines d'un âge d'or où l'amputation d'un monde meilleur. Ce qui lui value d'être mis à l'index!

En quelques siècles, étant donné l'impossibilité de le situer, on aura proposé la Mésopotamie, l'Arméniephoto, la proximité de la lune, l'Egypte, l'Ethiopie, le Brésil, le pôle Nord, sous l'équateur, au cœur de l'Amérique du sud, la Palestine, la Syrie, l'île de Ceylan, les Indes, le troisième ciel et jusqu'à Hesdin que l'on décrypta comme une déformation du mot "Eden", et pourquoi pas la ville d'Houdan, comme l'écrit, malicieusement, le Père Huet.

On peut également consulter

Sa description

photoL'Éternel-Dieu fit surgir du sol toute espèce d'arbres, beaux à voir et propres à la nourriture; et l'arbre de vie au milieu du jardin, avec l'arbre de la science du bien et du mal. Un fleuve sortait d'Éden pour arroser le jardin; de là il se divisait et formait quatre bras. Le nom du premier: Pishôn; c’est celui qui coule tout autour du pays de Havila, où se trouve l’or. L’or de ce pays-là est bon; là aussi le bdellium et la pierre de chôham. Le nom du deuxième fleuve: Ghihôn; c’est lui qui coule tout autour du pays de Kouch. Le nom du troisième fleuve: Hiddékel; c’est celui qui coule à l’orient d’Assur; et le quatrième fleuve était le Phrat.

Ce qu'il est d'après les exégètes.

carteIsidore de Séville précise au VIIe siècle, que le froid et la canicule y sont inconnus et que son accès est interdit à l'homme par la présence d'un mur de feu qui monte jusqu'au ciel.
Au IXe siècle, Moïse Bar-Kepha, évêque de Mossoul, affirme que le paradis terrestre est situé à l'est, à une altitude très élevée et que de là proviennent toutes les eaux qui irriguent le monde.
Honoré d'Autun assure de même que l'Asie commence à l'Orient par le paradis, c'est à dire un lieu exceptionnel en raison de toutes sortes d'agréments, mais inaccessible à l'homme et entouré d'un mur de feu qui monte jusqu'au ciel. L'arbre de vie y est toujours présent et donne l'immortalité à quiconque peut en manger et il ajoute: En outre, naît ici une source qui se divise en quatre fleuves. Ceux-ci s'enfouyissent dans le sol du paradis, mais refond surface loin ailleurs. ?
Quant à Pierre Lombard, le paradis se trouve dans la partie orientale du monde, séparé par un large espace de terre ou de mer des régions qu'habitent les hommes, et il est situé à une altitude atteignant le cercle de la lune, si bien que les eaux du déluge ne parvinrent pas jusqu'à lui. ?
Quant à saint Thomas d'Aquin, il le place en un lieu tempéré, mais plus prudent, soit sous l'équateur, soit ailleurs.

Jean de Joinville, biographe de saint Louis, raconte lors de la septième croisade en compagnie du roi, qu'aux abords du Nil, fleuve venant du paradis terrestre:
"Avant que li fluns n'entre en Egypte, les gens qui ont acoustumé à ce faire, gietent leur roys desliées parmi le flum au soir; et quant ce vient au matin, si treuvent en lour royz cel avoir de poiz que l'on aporte en ceste terre, c'est à savoir gingembre, rubarbe, lignaloey et canele. Et l'on dit que ces choses viennent de Paradis terrestre; que li venz abat des arbres qui sont en Paradis, aussi comme li venz abat en la forest en cest païs le bois sec..."
traduire

Au XIVe siècle, Jean de Mandeville nous enseignera que le Paradis est la plus haute terre du monde, et est en Orient au commencement de la terre. Et est si haute qu'elle touche bien le cercle de la lune... mais que celui-ci est enclos tout d'un mur... qu'il n'y a qu'une entrée qui est enclose de feu ardent...
Le cardinal Pierre d'Ailly dont l'ouvrage Imago Mondi fut annoté par Christophe Colomb, ajouta : Les eaux qui descendent de la montagne très élevée forment un très grand lac qui, comme d'une source principale, découlent, croit-on, les quatre fleuves du paradis: le Pishôn, c'est à dire le Gange; le Guihôn qui n'est autre que le Nil, le Tigre et l'Euphrate, bien que leurs sources paraissent se trouver en divers lieux.

Des exégètes, selon une approche allégorique, le plaça au troisième ciel parmi les sept ciels que comptait alors la cosmologie médiévale, sorte de salle d'attente des âmes en voyage vers le Royaume du ciel; c'est ainsi que le purgatoire fut créé, chemin balisé vers le septième ciel!

Les enfants de l'Eden

tableauLe jardin du paradis clos, sa fontaine de vie et les quatre fleuves donnèrent au Moyen-Age plusieurs figures de jardins:
- l'hortus conclusus, image du symbolisme marial qui servit aussi de cadre à l'Annonciation;
- le cloître des monastères dont la forme carrée nous ramène au chiffre quatre;
- le jardin médiéval organisé autour d'une fontaine centrale et dont les allées en croix symbolisent les quatre fleuves du paradis;
- les jardins d'amour tel celui du "Roman de la rose", de l'île de Cythère dans le "Songe de Poliphile" où les nymphes font "honneur à Cupidon, leur maitre"

Cependant des hommes croient encore à l'Eden, soit en le transférant dans l'allégorie qui offre une multitude d'interprétations, ce qui permet d'éviter la réalité des mots, soit encore en affirmant que le déluge a transformé la géographie des lieux- encore faudrait-il démontrer que l'arche de Noé ait pu contenir tous les animaux de la terre y compris ceux d'Amérique et d'Australie, sans oublier insectes et oiseaux et que le grand navigateur ait put les nourrir durant plusieurs mois....

Malgré tout, les trois religions monothéistes issues d'Abraham affirment que le texte ne peut-être interprété et qu'il est la seule vérité tangible. Si l'homme descend du singe, nul doute que certains le sont de l'autruche... ou encore de la taupe!

L'Eden des poètes

Eden de Dante

Dante

Le poète

gravureDante Alighieri, né à Florence en mai 1265 est considéré comme le plus important poète italien. Mais aussi écrivain et homme politique engagé avec les partisans de l'autonomie de Florence contre le pouvoir papal qui veut contrôler la ville, ils sont vaincus et Dante est condamné à l'exil. Ses biens seront confisqués et il ne reviendra plus dans sa ville natale. Il meurt à Ravenne le 14 septembre 1321.
Pour en savoir plus lire

L'œuvre

La Divine Comédie nous conte le parcours initiatique de l'auteur en compagnie de Virgile vers la rédemption

Création et rédemption de l'homme
Le livre des visions.
D'après les Scivias d'Hidegarde von Bingen.
et le paradis.
Pour conter ce parcours Dante s'est inspiré de l'Énéide et de l'Apocalypse de Paul; il utilise la langue vulgaire florentine et non le latin comme il est d'usage à l'époque, car il juge qu'aucune langue n'est supérieure à une autre et que le latin est une langue artificielle. ?
C'est l'un des plus importants témoignages de la civilisation médiévale et est tenue pour l'un des chefs-d'œuvre de la littérature.

Le paradis de Dante

photo
J’en souffrais mal l’aspect, mais assez cependant
pour voir étinceler les éclats qu’il jetait
comme le fer ardent qu’on sort de la fournaise.

On eût dit que le jour multipliait le jour,
comme si tout à coup Celui qui peut tout faire
avait mis sur le ciel deux soleils à la fois.

Contrairement à son Enfer où Dante est extrêmement prolixe, il donne peu de détails sur le Paradis. Nous saurons qu'il se situe au sommet de la montagne du Purgatoire, que la lumière y est resplendissante, que c'est un lieu fermé, couvert de fleurs aux parfums enivrants mais les âmes ne sont pas là pour des jouissances sensorielles mais pour contempler celles parvenues à la sainteté et à la confusion avec Dieu et la transformation des formes pures dans un cadre spiritualisé.
Celui-ci est arrosé par deux fleuves, le Léthé et l'Eunoé.

Eden de Guillaume du Bartas

L'Eden de Guillaume du Bartas

L'œuvre

gravureEcrite à la suite de la "Sepmaine", "la seconde semaine"- L'enfance du monde- parue en 1584, reproduit tout comme la première partie de l'œuvre en vers sous forme d'épopée, la création de l'Eden jusqu'au "jour de Noé"; Guillaume du Bartas n'a pu, par sa mort, terminer son projet qui englobait toute l'histoire humaine jusqu'au Jugement dernier, de l'Eden au paradis céleste.
L'auteur rassemble dans celle-ci tout le savoir encyclopédique de la Renaissance et se fait défenseur du géocentrisme de la terre. Il en arrive à décrire le Paradis terrestre selon son idéal poétique mais aussi en "jardiniste" baroque et raffiné.

L'éden

L'Eden de Guillaume du Bartas
gravuregravure
Au centre un boramet; parmi des
plantes pouvant être identifiées: fritillaire,
lys martagon, ananas, tulipes, couronne
impériale, vigne, palmier, fougères, cactus.
gravure
GRAND DIEU, qui de ce Tout m'as fait voir la naissance,
Descouvre mon berceau: monstre moy son enfance.
Pourmène mon esprit par les fleuris destours
Des vergers doux-fleurans, ou serpentoit le cours
De quatre vives eaux; conte moy quelle offense
Bannit des deux Edens Adam, et sa semence.
[...]
Ains pour séjour heureux il luy choisit encore
Un tempéré climat, que la mignarde Flore
Pave du bel esmail des printanières fleurs,
Pomone orne de fruicts, Zéphire emplit d'odeurs:
Où Dieu tend le cordeau, aligne les allées,
Couvre d'arbres les monts, de moisson les vallées:
Du bruit de cent ruisseaux semond le doux sommeil;
Fait de beaux cabinets à preuve du soleil:
Esquarrit un jardin: plante, emmunde, cultive
D'un verger plantureux la beauté tousjours vives:
Depart par cy par là le cours des flots sacrez,
Et de mille couleurs camelote les prez.
[...]
Que des rochers cambrez le doux miel distilloit,
Que le laict nourrissier par les champs ruiselloit,
Que les Rues avoient mêsme odeur que les Roses,
Que tout terroir portoit en tout temps toute chose,
Et tous mesmes rameaux cent et cent fruicts divers
Tousjours se brandilloient, ni trop meurs, ni trop verds:
Que le plus aigre fruict et l'herbe plus amère
Egaloit en douceur les sucres de Madère,
Et nourrissoit les corps mieux qu'aujourd'huy les veaux,
Les chapons, les perdrix, les moutons, les chevreaux,
Sans conter tant d'apas, que nostre friandise
En cent mille façons, chatouilleuse, desguise
Et qui, non pour s'esteindre, ains pour plus s'allumer
Les prend en autre ciel, et soubs l'ondeuse mer.
Si je dis qu'au matin, des champs la face verte
Estoit non de rosée, ains de manne couverte:
Qu'un ru traîne-gueret, de son cours violant,
Des fleuves ne souilloit le crystal doux-coulant:
Fleuves qui surmontoient en bon goust le bruvage,


Ne s'esfeuillent jamais; ainsi leurs branches nouvelles
Par nature voutoient mille fresches tonnelles,
Qui du Crétois Cerathe honore le rivage:
Que les sombres forests, des Myrthes amoureux,
Des prophètes Lauriers, des Palmiers généreux,
Où cent sortes d'oiseaux jour et nuict s'esbatoient,
S'entrefaisoient l'amour, sauteloient, voletoient,
Et marians leurs tons aux doux accents des Anges,
Chantoient et l'heur d'Adam, et de Dieu les louanges.
Car pour lors les Corbeaux, Oriots et Hiboux
Avoient des Rossignols le chant doctement doux:
Et les doux Rossignols avoient la voix divine
D'Orphée, d'Amphion, d'Arion, et de Line.
[...]
Si je dy que Phebus n'y faisait arriver
L'Esté par son retour, par sa fuite l'Hiver,
Ains l'amoureux Printems tenoit tousjours fleuries
Des doux-fleurans vallons les riantes prairies;
[...]
Que la gresle jamais n'atterroit les moissons:
Que la neige plumeuse, et les luisans glaçons
N'envieillisoient les champs: qu'un éclattant orage
N'escarteloit les monts; qu'un pluvieux ravage
N'amaigrissoit la terre: ains les champs produisoient
Les fécondes vapeurs,...
[...]
... Humble, contente toy
De sçavoir que ce parc, dont Dieu fit l'homme Roy,
Estoit un beau terroir, où se rouloient fecondes
De Gion, de Phison, et du Tigre les ondes,
Et le beau fleuve encor qui leche doucement
De la Bru du grand Bel le fameux bastiment.
Que si pour fureter tous les anglets du monde,
Tu ne trouves quartier, dont la beauté reponde
Aux beautez de ce lieu, ny païs où le cours
Des fleuves susnommez dure jusqu'en nos jours;
N'enferme dans ce clos la grandeur de la terre,
Que d'un lien coulant l'ondeux Neptune enserre.
C'estoit un certain parc, ore en vain recherché,
Où par grace conduit, d'où banny par peché
Jadis l'homme se vit: où le darde-tonnerre
Mit l'Ange pour huissier, pour huis le cimeterre.

Puis le poète, conforme à la tradition et malgré sa religion réformée, assure la réalité de l'Eden:

N'estime point encor que Moyse t'ait peint
Un Paradis mystique, allégorique, et feint:
C'est un jardin terrestre, heureux séjour des Graces,
Et corne d'abondance; à fin que tu ne faces
D'un Adam idéal fantasque l'aliment,
La faute imaginaire, et feint le chastiment.
Car on nomme à bon droit le sens allégorique,
Recours de l'ignorant, bouclier du fanatique,
Mesme quand es discours, où l'histoire on descrit,
On fait perdre le corps pour trop chercher l'esprit.

Adam en l'Eden

Ayant donq et la terre et le ciel pour amis,
Adam jouyt des biens par l'Eternel promis:
Et sans se fourvoyer par la route des vices,
Nage sur les doux flots d'une mer de délices.
De Roses de tout teint, et de toute façon:
Roses que chaque jour, comme on eust dit, les Anges,
Rangeoient en laz d'amours, triangles, et lozanges.
Il suyt un chemin bordé de tous costez
De Planes ombrageux, dont les bras sont voutez,
Et qui contre le chaud et les futures Bizes
Portent des grands forest pour cornices, et frizes:
Ore un sentier muré d'aigre-doux Citroniers,
D'Orangiers aigre-doux, d'aigre-doux Limoniers,
Dont les rameaux fueillus si bien s'entretortillent,
Qu'ils semblent un mur peint, où de vrays fruicts pendillent:
Ore un verger fertil, dont les troncs non-entez
Sont en rond, à la ligne, en eschiquier plantez,
Et les fruicts vont suivant les désirs de leur maistre.
Car l'un n'est si tost pris, que l'autre est prest à l'estre;
Les treuve en goust divers, semblables en bonté.
Ore d'un pied gaillard, heureux, il se promène
Au long d'un clair ruisseau, dont la brillante arene
Est de fin or d'Ophir, les caillous de Rubis,
L'onde de pur Argent, le rivage de Lis;
Et qui de plis glissans de sa source sacrée,
Gazouillard, labyrinthe une flairante prée.
Des Ponts bastis sans art sont des Rocs mouchetez,
Que le flot mine-rive a de son choc voutez,
Ou des Palmes encor. Car les chaudes femelles,
Pour assouvir l'amour qui boult dans leurs mouëlles,
Et joindre leurs mariz sur l'autre bord croissans,
Courbent leur tige espais, et font planche aux passans.
D'un parterre, où Nature a, prodigue, estallees
Ses plus riches beautez: et dont chaque parquet
Bien comparty, ressemble un bigarré bouquet.
Or loin de tout bruit, pensif, il se retire
Dans un antre couvert d'un naturel Porphyre,
Que l'esgout d'un rocher par un froid air glacé,
De grotesques jadis semble avoir lambrissé;
Et se couchant, oisif, une brasse par terre
Sur un Jaspe frangé d'un verdissant lierre,
De veines pourfilé, et feutré en toufeaux
De mousse au poil frizé, s'endort au bord des eaux,
Qui captives tombant par des canaux obliques,
Bou-bouillonnantes font de plus doulces musiques,
Que dans le Tivoli du Prelat Ferrarois
Ne rendent à ce coup les hydrauliques vois:
Ou les subtils engins inventez par Ctesibe
En la terre, où l'on fait un Jupiter d'un Ibe
Or confus il se perd dans les tournoyements,
Embrouillees erreurs, courbez desvoyements,
Conduits virevoustez, et sentes desloyales

D'un Dedale infiny, qui comprend cent Dedales,
Clos non de Romarins dextrement ciselez
En hommes mi-chevaux, en courserots ailez,
En escaillez oiseaux, en Balenes cornues,
Et mille autres façons de bestes incognues;
Ains de vrais animaux en la terre plantez,
Humant l'air des poulmons, et d'herbe alimentez:
Tels que les Bonarets, qui chez les Scythes naissent
D'une graine menue, et de plantes se paissent:
Bien que du corps, des yeux, de la bouche, et du nez
Ils semblent des Moutons, qui sont naguère nés;
Et le seroient de vray, si dans l' alme poictrine
De Rhee ils n'enfoncoient une vive racine
Qui tient à leur nombril, et meurt le mesme jour
Qu'ils ont brouté le foin qui croissoit à l'entour.
[...]
Ore il passe à travers une forest espaisse,
Qui fait largue à ses pas; et, tremoussante, abaisse
De son chef perruqué l'eternelle verdeur,
Pour, humble, saluër de son Roy la grandeur:
Où mille arbres rameux le ciel astre baloyent
De leurs touffus sommets, qui sous Favon, ondoyent:
Envieux toutefois de l'honneur du Cerbas
LE FROMAGER
Portrait du Ceibas, ou Cerbas

Claude Duret
Histoire admirable des plantes
et herbes esmerveillables
& miraculeuses en nature...
.
,
Qui, massif, a de tour deux fois vingt et cinq pas.
De trois pieds seulement là sur l'herbe s'esleve
Le cep ridé
LE BAUMIER ou BALSAMIER D'EGYPTE
Portait de la plante de baume

Claude Duret
Histoire admirable des plantes
et herbes esmerveillables
& miraculeuses en nature...
.
, qui craint la poincture du glaive,
Et dont l'Egyptien vend si cher aux drogueurs
Le bois, le cuir, le grain, et plus encor les pleurs.
Là le Chesne marin vit dans une coquille:
Là sans culture croist la rouge Cochenille:
Et là verdit encore le petit Alchermez
LE CHENE KERMES
Portrait du Chermez, Alchemez, ou Kermez
ou Alkemez


Claude Duret
Histoire admirable des plantes
et herbes esmerveillables
& miraculeuses en nature...
.

Qui d'aigus picquerons a ses rameaux armez:
Arbres desja fertils en la riche vermine,
Qui, pressee, vomit une humeur cramoisine,
Ou maint agneau se teint, si bien que revenu
Vers sa mère, il ne peut estre d'elle cognu.
Là se pousse le MeltMAGUEIS ou AGAVE
Portrait du Melt du Mexique


Claude Duret
Histoire admirable des plantes
et herbes esmerveillables
& miraculeuses en nature...
.
, qui sert ore en Mexique,
D'aiguille, de filet, d'armes, de bois, de brique,
D'antidote, de miel, de lissé parchemin,
De sucre, de parfum, de conserve, et de vin.
Son bois nourrit le feu: et ses plus durs feuillages
Par une artiste main reçoivent mille usages.
[...]
Là dans un sombre coin frissonne, recelé,
L'arbre en Pudefetan Vergongneux appellé,
Qui semble avoir des yeux, un sens, une ame attainte
De despit, de douleur, de vergongne, et de crainte.
Car soudain que vers luy l'homme adresse ses pas,
Fuyant les doigts hays, il retire ses bras.
Et cil qui va portant sur ses branches tremblantes
Et les peuples nageurs, et les troupes volantes:
J'enten l'arbreHistoire admirable
est metamorphose d'une vertu feconde,
sur terre en vrays oyseaux, en vrays poissons sur l'onde.

aujourdhuy en Juturne vivant,
Dont le fueillage espars par des soupirs du vent
Est metamorphosé d'une vertu feconde
Sur terre en vrais oiseaux, en vrais poissons sur l'onde.

Le paradis perdu de John Milton

Le poète

gravureJohn Milton, poète et pamphlétaire anglais, est né à Londres le 9 Décembre 1608 dans une famille de la classe moyenne; il fit ses études à l'école Saint-Paul de Londres, puis au Christ’s College de Cambridge où il commença à écrire des poèmes en latin, italien et anglais; il se prépare alors à entrer dans le clergé mais sa vocation s'affirmera et le fera poète. Ses lectures comprennent des oeuvres classiques et modernes sur la religion, la science, la philosophie, l'histoire, la politique et la littérature. En outre, il est compétent en latin, grec, hébreu, français, espagnol, italien et en vieil anglais et néerlandais.
Pour en savoir plus:lire

L'œuvre

Paradise Lost raconte la tentation d'Adam et Eve par Satan et de leur expulsion du jardin d'Eden; il est largement considéré comme son chef-d'œuvre et un des plus grands poèmes épiques de la littérature. L'épopée a inspiré d'autres poétes comme Alexander Pope, William Wordsworth, John Keats et même Mary Shelley, la créatrice de Frankenstein; elle a aussi influencé le travail de Percy Bysshe Shelley et William Blake qui en a illustré une édition.

L'Eden de Milton

"Satan poursuit sa route, et approche de la limite d'Eden. Le délicieux Paradis, maintenant plus près, couronne de son vert enclos, comme d'un boulevard champêtre, le sommet aplati d'une solitude escarpée; les flancs hirsutes de ce désert, hérissés d'un buisson épais, capricieux et sauvage, défendent tout abord. Sur sa cime croissaient à une insurmontable hauteur les plus hautes futaies de cèdres, de pins, de sapins, de palmiers, scène sylvaine ; et comme leurs rangs superposent ombrage sur ombrage, ils forment un théâtre de forêts de l'aspect le plus majestueux. Cependant plus haut encore que leurs cimes montait la muraille verdoyante du Paradis : elle ouvrait à notre premier père une vaste perspective sur les contrées environnantes de son empire. Et plus haut que cette muraille, qui tableaus'étendait circulairement au−dessous de lui, apparaissait un cercle des arbres les meilleurs et chargés des plus beaux fruits. Les fleurs et les fruits dorés formaient un riche émail de couleurs mêlées : le soleil y imprimait ses rayons avec plus de plaisir que dans un beau nuage du soir, ou dans l'arc humide, lorsque Dieu arrose la terre. Ainsi charmant était ce paysage. A mesure que Satan s'en approche, il passe d'un air pur dans un air plus pur, qui inspire au coeur des délices et des joies printanières, capables de chasser toute tristesse, hors celle du désespoir. De douces brises secouant leurs ailes odoriférantes dispensaient des parfums naturels et révélaient les lieux auxquels elles dérobèrent ces dépouilles embaumées. Comme aux matelots qui ont cinglé au delà du cap de Bonne−Espérance et ont déjà passé Mozambique, les vents du nord−est apportent, loin en mer, les parfums du Saba du rivage aromatique de l'Arabie Heureuse : charmés du retard, ces navigateurs ralentissent encore leur course ; et pendant plusieurs lieues, réjoui par la senteur agréable, le vieil Océan sourit ; ainsi ces suaves émanations accueillent l'ennemi qui venait les empoisonner....
[...]

Pensif et avec lenteur, Satan a gravi le flanc de la colline sauvage et escarpée ; mais bientôt il ne trouve plus de route pour aller plus loin, tant les épines entrelacées comme une haie continue, et l'exubérance des buissons, ferment toute issue à l'homme ou à la bête qui prend ce chemin. Le Paradis n'avait qu'une porte, et elle regardait l'orient du côté opposé ; ce que l'archi−félon ayant vu, il dédaigna l'entrée véritable ; par mépris, d'un seul bond léger, il franchit toute l'enceinte de la colline et de la plus haute muraille, et tombe en dedans sur ses pieds.
[...]
Au−dessous de lui, avec une nouvelle surprise, dans un étroit espace, il voit renfermée pour les délices des sens de l'homme toute la richesse de la nature, ou plutôt il voit un ciel sur la terre ; car ce bienheureux Paradis était le jardin de Dieu, par lui−même planté à l'orient d'Eden. Eden s'étendait à l'est, depuis Auran jusqu'aux tours royales de la Grande−Séleucie, bâtie par les rois grecs, ou jusqu'au lieu où les fils d'Eden habitèrent longtemps auparavant, en Telassar. Sur ce sol agréable Dieu traça son plus charmant jardin ; il fit sortir de la terre féconde les arbres de la plus noble espèce pour la vue, l'odorat et le goût. Au milieu d'eux était l'arbre de vie, haut, élevé, épanouissant son fruit d'ambroisie d'or végétal. Tout près de la vie, notre mort, l'arbre de la science, croissait ; science du bien, achetée cher par la connaissance du mal.

tableauAu midi, à travers Eden, passait un large fleuve ; il ne changeait point de cours, mais sous la montagne raboteuse il se perdait engouffré : Dieu avait jeté cette montagne comme le sol de son jardin, élevé sur le rapide courant. L'onde, à travers les veines de la terre poreuse qui l'attirait en haut par une douce soif, jaillissait fraîche fontaine et arrosait le jardin d'une multitude de ruisseaux. De là, ces ruisseaux réunis tombaient d'une clairière escarpée et rencontraient au−dessous le fleuve qui ressortait de son obscur passage : alors divisé en quatre branches principales, il prenait des routes diverses, errant par des pays et des royaumes fameux, dont il est inutile ici de parler.

Disons plutôt, si l'art le peut dire, comment de cette fontaine de saphir les ruisseaux tortueux roulent sur des perles orientales et des sables d'or ; comment en sinueuses erreurs sous les ombrages abaissés ils épandent le nectar, visitent chaque plante et nourrissent des fleurs dignes du Paradis. Un art raffiné n'a point rangé ces fleurs en couches ou en bouquets curieux ; mais la nature libérale les a versées avec profusion sur la colline, dans le vallon, dans la plaine, là où le soleil du matin échauffe d'abord la campagne ouverte, et là où le feuillage impénétrable rembrunit à midi les bosquets.

photoTel était ce lieu : asile heureux et champêtre d'un aspect varié : bosquets dont les arbres riches pleurent des larmes de baumes et de gommes parfumées ; bocage dont le fruit, d'une écorce d'or poli, se suspend aimable ; fables vraies de l'Hespérie d'un goût délicieux, si elles sont vraies, c'est seulement ici. Entre ces bosquets sont interposés des clairières, des pelouses rases, des troupeaux paissant l'herbe tendre ; ou bien des monticules plantés de palmiers s'élèvent ; le giron fleuri de quelque vallon arrosé déploie ses trésors ; fleurs de toutes couleurs, et la rose sans épines.

D'un autre côté sont des antres et des grottes ombragées qui servent de fraîches retraites ; la vigne, les enveloppant de son manteau, étale ses grappes de pourpre et rampe élégamment opulente. En même temps des eaux sonores tombent de la déclivité des collines ; elles se dispersent, ou dans un lac qui étend son miroir de cristal à un rivage dentelé et couronné de myrtes elles unissent leur cours. Les oiseaux s'appliquent à leur choeur ; des brises, de printanières brises, soudant les parfums des champs et des bocages, accordent à l'unisson les feuilles tremblantes, tandis que l'universel Pan, dansant avec les Grâces et les Heures, conduit un printemps éternel. Ni la charmante campagne d'Enna, où Proserpine cueillant des fleurs, elle−même fleur plus belle, fut cueillie par le sombre Pluton (Cérès, dans sa peine, la chercha par toute la terre), ni l'agréable bois de Daphné près l'Oronte, ni la source inspirée de Castalie, ne peuvent se comparer au paradis d'Eden ; encore moins l'île de Nisée, qu'entoure lecarte fleuve Triton, où le vieux Cham (appelé Ammon par les Gentils, et Jupiter Libyen) cacha Amalthée et son fils florissant, le jeune Bacchus, loin des yeux de sa marâtre. Le mont Amar, où les rois d'Abyssinie gardent leur enfants, (quoique supposé par quelques−uns le véritable Paradis), ce mont, sous la ligne éthiopique, près de la source du Nil, entouré d'un roc brillant, que l'on met tout un jour à monter, est loin d'approcher du jardin d'Assyrie, où l'ennemi vit sans plaisir tous ces plaisirs, toutes les créatures vivantes, nouvelles et étranges à la vue."

Extrait du livre IV du Paradis perdu de J. Milton traduit par Chateaubriand

L'Eden des peintres

Les Anciens

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Le jardins des délices de Jérôme Bosch

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Jacopo Bassano Lucas_Cranach_l'Ancien Roelandt_Savery Pierre Paul Rubens Jacob Adriaensz Backer

Les Modernes

Quelques "Eden" vus par des artistes du "Net".
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François Boisrond Olga Guyot Eden de à retrouver! Chantal Bietlot Henry Dampierre
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Sofi Bollack Raphaël Toussaint Pierre Maxo Marc Chagall Geneviève Jost

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Sources

- Collectif- Le jardin, notre doublephoto - Sagesse et déraison - Autrement
- Guillaume du BARTAS- La sepmainephoto, La seconde semainephoto- 2 vol. et Les suittes de la seconde semainephoto
- Jean DELUMEAU- A la recherche du paradisphoto
Sur le Web
- Alighieri DANTE- La divine comédie- Le paradis
- Claude DURET- Histoire admirable des plantes et herbes esmerveillables et miraculeuses
- Daniel HUET- Traité de la situation du paradis terrestre
- Jean de JOINVILLE- Livre des saintes paroles et des bons faiz nostre roy saint Looys
- John MILTON- Le paradis perdu
- Jean-Baptiste-François OBRY- Mémoires de l'Académie des sciences... du département de la Somme- Du berceau de l'espèce humaine, selon les Indiens, les Perses et les Hébreux.
et les sites des artistes présentés.

 

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