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Présentation

Le jardin dit "à la française" est, je pense, le point final de l'évolution des jardins entamée à la Renaissance à partir du jardin médiéval. En effet nous y retrouvons les principaux éléments: parterres, pergolas remplacées par des arbres taillés au cordeau, fontaines puis grottes, orangerie et ménagerie pour les plus grands, sous des formes différentes, avec deux grandes nouveautés: une large ouverture sur le paysage environnant et la maîtrise totale de l'exubérence de la nature afin de marquer le pouvoir de l'homme, et de là, celui de son propriétaire.
De par leur situation, les jardins des châteaux de Saint-Germain et de Fontainebleau avaient ouvert la voie et les ascendants d'André Lenôtre avaient tous contribué à cette évolution. Ce dernier mis en forme et épura le style pour en faire le modèle du jardin à la française.

Les jardins

Les jardins du Château de Versailles en étaient l'exemple type et tous les jardins des demeures princières l'imitèrent. Je ne m'aventurerais pas à les décrire et rappeler leur histoire tant les ouvrages et sites qui leur sont consacrés sont nombreux et écrits par des érudits plus aptes à en parler que moi. Parmi ceux-ci, je vous incite à visiter:
- site officiel du château de Versailles,
- Le Nôtre en perspectives,
- La machine de Marly,
- Musée français,
- Vaux-le-Vicomte.

Versailles

Les jardins de Vaux-le-Vicomte et Versailles, malgrétableau leurs modifications au cours des siècles suivants sont restés associés à Lenôtre son principal artisan. Louis XIV qui aimait les jardins fit de ceux-ci l'image de son pouvoir et nul doute qu'il aimait à faire partager son plaisir et cette image à ses visiteurs; il avait écrit lui-même le parcours qu'il aimait emprunter afin d'admirer ses splendeurs et on peut l'imaginer la canne dans sa main gantée, ...allant suivi d'un vaste cortège empanaché, de bosquet en bosquet, expliquant, commentant, prévenant les objections, sollicitant les avis, faisant part avec une constante bonne grâce de ses projets sans cesse renouvelés.?

Les jardiniers du roi

tableau
On voit à gauche, un jardinier s\'occupant des
orangers et à droite deux de ses collègues
nettoyant les abords du bassin.

Si tous, connaissons Le Nôtre et Mansard, il n'en est pas de même en ce qui concerne les simples jardiniers qui entretenaient tout cet ensemble où les allées devaient être ratissées, les massifs arrosés, sans herbe intruse, les fontaines nettes et propres, les arbres et buis taillés au cordeau, les orangers sortis ou remisés selon la saison, etc...
Comme dans la famille des Le Nôtre, les jardiniers formaient des dynasties dont les noms se perpétuaient de père en fils et dont les alliances matrimoniales restaient dans la sphère "jardinière".
gravure Hilaire Ier Masson fut l'un des premiers jardiniers de Versailles après avoir travaillé aux Tuileries. Plusieurs de ses fils, Mathieu, Claude, Guillaume, Antoine et Hilaire II y furent également jardiniers. Le premier cité, Mathieu, épousa en 1653, Jeanne Thifaine dont le père Girard s'était démis de sa charge de jardinier au profit de son gendre. Guillaume Masson qui avait épousé Renée Le Juge, fut jardinier à Versailles puis aux Tuileries pour y aider Claude et Elisabeth, ses deux belles-sœurs dont le père, François Le Juge, était jardinier du roi au Louvre. Antoine fut fontainier du roi "en son parc de Versailles". Hilaire II vit sa carrière de jardinier interrompue en 1660 pour "dégradations" commises dans le jardin.
Henry Dupuis fut l'un des jardiniers dont la carrière de jardinier à Versailles fut l'une des plus longues épousa Geneviève Trummel, une des filles de Marin Trumel, "oranger du roi". Deux de leurs fils furent également jardiniers à Versailles et Trianon. Une fille du même Marin Trumel épousa Pierre Collinot, jardinier à Versailles dont le frère Jean, lui-même jardinier, épousa Jeanne Macé, fille d'un autre jardinier Macé Fouché dit "maistre Massé" auquel il succéda. Marin Trumel était lui-même apparenté à la famille Lenôtre par sa mère, Marguerite Lenôtre, cousine de Jean.
gravure Chaque jardinier avait sa spécialité; ainsi Henry Dupuis était spécialisé dans les alignements qu'il avait dirigés aux Tuileries, à Saint-Germain et à Versailles, Jean et Pierre Collinot construisaient les treillages décoratifs faits de lattes, de perches, d'échalas de chêne, de châtaignier ou de frêne. D'autres s'occupaient du fleurissement des parterres comme Michel le Bouteux et Olivier Fleurant à Trianon.
Le travail des jardiniers consistait également à labourer les parterres, ratisser et sabler les allées, tailler et arroser les plants et certains fournissaient les arbres et plantes du jardin ou d'importantes quantités de fumier et terreaux pour enrichir les plantations.
Outre les gratifications, les jardiniers estimés par le roi recevaient des dons de places à bâtir et quelques privilèges tels les deux fils de Mathieu Masson, prénommés Louis, qui eurent le roi comme parrain!

Sources

- Collectif- Les jardinsphoto - Créateurs de jardins et de paysages en France de la Renaissance au début du XIXe siècle. - Actes Sud
- LOUIS XIV- Manière de montrer les jardins de Versaillesphoto

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